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Kalina Raskin

Kalina Raskin Ingénieur physico-chimiste et Docteur en biologie, Kalina Raskin a promu le biomimétisme pour l’innovation responsable au sein de l’agence Paris Région Entreprises et est aujourd’hui en charge du développement du CEEBIOS (Centre Européen d’Excellence en Biomimétisme de Senlis), premier centre national dédié au biomimétisme.

Kalina Raskin

Responsable Devt CEEBIOS

Le biomimétisme, une bibliothèque pour l'innovation

économie verte

La biodiversité, une bibliothèque pour l’innovation.

La vie, un succès durable

Leonard de Vinci inventait déjà des machines fantastiques bio-inspirées, et nous nous tournons aujourd’hui vers le vivant pour imaginer des objets du quotidien comme le velcro, qui imite les crochets de la fleur de Bardanne. Cette démarche scientifique s’appelle le Biomimétisme, contraction des mots grecs bio (vie) et mimesis (imiter). La vie constitue, en effet, une formidable source d’inspiration. Les millions de générations d’espèces qui se sont succédées ont développé des stratégies remarquables pour stocker l’énergie, se mouvoir dans tous les milieux ou encore fabriquer des matériaux qui s’avèrent parfois plus robustes que l’acier. Elles y sont parvenu en utilisant l’énergie solaire, la matière locale et abondante, en fabricant à température et à pression ambiantes et en faisant en sorte que les déchets des uns deviennent les ressources des autres.

La voie du biomimétisme

Les acteurs politiques, académiques et industriels s’accordent aujourd’hui sur la nécessité d’amorcer une transition énergétique en promouvant les énergies renouvelables et en particulier le solaire, en recyclant le CO2, en diversifiant et décentralisant les sources, et en mettant en place des réseaux intelligents de distribution. Or, ces grands axes correspondent aux stratégies du vivant déjà sélectionnées par l’évolution. Les plus grands chimistes de l’ère industrielle soulignent la nécessité de faire évoluer le secteur et nous recommandent l’utilisation de ressources abondantes, des conditions douces, et l’élaboration de produits biodégradables, non toxiques sur le long terme. C’est ce qu’on appelle la chimie douce ou la chimie verte, qui converge en tous points vers la chimie du vivant. L’industrie recherche aujourd’hui des matériaux performants et multifonctionnels, tout en étant produits dans des conditions douces et bio-sourcés… Le Vivant le fait déjà. Nous cherchons également à repenser l’organisation de nos villes et territoires et on parle déjà d’ « écosystèmes urbains » et d’ « écologie industrielle ».

Un outil pour créer une société durable

Le biomimétisme connaît un essor significatif depuis les deux dernières décennies. Soutenu et développé depuis 15 ans en Allemagne, cité en France dès 2007 comme l’outil de la prochaine révolution industrielle, il associe en effet innovation et responsabilité sociétale puisqu’il permet d’envisager : - Une innovation de rupture, facilitée par le développement de nos connaissances du vivant - l’économie d’énergie et de matière, - la substitution des composés toxiques, - la réduction des déchets, - la valorisation de la biodiversité, - … Pour les entreprises, cet accélérateur d’innovation responsable entraîne également des gains de productivité et donc de marchés et une meilleure viabilité sur le long terme.

Le potentiel français

En France, près de 150 équipes de recherche et près d’une centaine d'entreprises intègrent une démarche bio-inspirée. Depuis 2012, le groupe Renault (https://vimeo.com/channels/naturefutur/161197556) collabore avec la biologiste Véronique Billat, pour imiter l’utilisation des ressources énergétiques (graisses, sucres..) des grands marathoniens afin d’améliorer le rendement des moteurs hybrides pour le véhicule décarboné de demain. L'entreprise Stratoz (https://vimeo.com/channels/naturefutur/161197556), dépollue les sols miniers grâce à des plantes et en extrait des catalyseurs verts utilisables en chimie. Cette « écocatalyse » est une nouvelle branche de la chimie verte avec des applications par exemple en chimie industrielle, pharmaceutique, agrochimie, des domaines où le remplacement de la ressource fossile par des matières premières renouvelables est un enjeu majeur. Hemarina développe des transporteurs d’oxygène sanguins universels inspirés de vers marins bretons. Cette technologie révolutionne la transplantation, la transfusion mais aussi la prise en charge d’urgence d’hémorragies cérébrales.

La marche à suivre

L’intégration du biomimétisme au sein des entreprises passe nécessairement par l’exploration de la connaissance biologique, particulièrement dans des secteurs peu habitués à s’y intéresser. Cette appropriation requiert donc de s’appuyer sur réseaux de compétences extérieurs et sur la formation des cadres de la R&D et du Développement Durable et des nouvelles générations trop habituées à l’éducation en silo et au confinement des disciplines. Les GreenTechs intégratives, les technologies bio-inspirées, contribuent à s’adapter à l’augmentation du coût des ressources, à s’aligner ou anticiper la règlementation environnementale ou encore à réduire les montants des taxes associées aux traitement des déchets et constituent donc un formidable levier pour l’innovation responsable des entreprises.

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