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Elisabeth Laville

HEC 88, Elisabeth est fondatrice d’Utopies en 1993 et co-fondatrice de Graines de Changement en 2003. Elisabeth est aussi auteur ou co-auteur de nombreux livres sur le développement durable, comme « L’entreprise verte » (2002), « Un métier pour la planète… et surtout pour moi » (avec Marie Balmain, 2004), « Achetons Responsable ! » (avec Marie Balmain, 2006) ou encore « Vers une consommation heureuse « (2014). Elisabeth a par ailleurs fondé le réseau Campus Responsables en 2007. Plus d’infos sur www.campusresponsables.com

Elisabeth Laville

Fondatrice du réseau Campus Responsables

Le campus universitaire de demain sera-t-il durable ?

Management / RH /Formation

Le campus universitaire de demain sera-t-il durable ?

 

Le changement est la seule constante ». Cette maxime, souvent attribuée à Héraclite,  est particulièrement d’actualité dans l’enseignement supérieur aujourd’hui. Selon l’étude « Campus durables de demain : tendances et perspectives d’évolutions à horizon 2030 » publiée fin 2013 par Campus Responsables, le campus universitaire de demain devra ainsi répondre à quatre grandes tendances qui forcent son évolution :

 

  • Un campus connecté utilisant les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC)
  • Un campus incubateur au service de l’entrepreneuriat et de l’innovation,
  • Un campus ouvert en lien avec la ville et son écosystème local,
  • Et un campus résilient, prônant la sobriété énergétique.

 

 « Fin de l’école de l’imitation, début de l’école de l’innovation »,

 

Alors que la digitalisation bouleverse les relations interpersonnelles et la société toute entière, les campus universitaires doivent, en effet, renouveler leur rôle. Le 21e siècle est, résolument, le siècle de la connaissance, qui demandera aux jeunes d’être en capacité d’innover, de se dépasser pour résoudre des problèmes inédits - et pas juste de mémoriser les solutions de problèmes déjà résolus. « Fin de l’école de l’imitation, début de l’école de l’innovation », comme le dit Michel Serres.  La demande en compétences et en talents se modifie peu à peu : les entreprises recherchent de plus en plus de collaborateurs bien formés, imaginatifs, collaboratifs, capables de faire preuve de responsabilité et de leadership. Car ils auront de plus en plus besoin de créer des emplois et pas uniquement de les « remplir »… de même qu’ils devront de plus en plus développer les entreprises et talents qu’ils dirigeront et pas uniquement les « gérer ».

 

Vers une évolution des campus universitaires

Dans les campus, ces tendances forcent l’émergence d’une nouvelle approche de l’enseignement, qui ne peut plus se réduire à la transmission du savoir : l’enseignement présentiel évolue progressivement pour se transformer en séquences de recherche et d’échanges collectifs, aidées par un enseignant qui facilite le processus de questionnement, la capacité à distinguer un contenu pertinent, à avoir un regard critique vis-à-vis de l’information, à faire preuve de créativité pour trouver des solutions aux problèmes … Dès 2012 les enseignants de Centrale Nantes et Télécom Bretagne avaient mis au point un MOOC, ITyPA, axé sur la question « Comment apprendre en ligne ? » - une manière d’aller au devant des attentes liées à l’évolution de l’apprentissage pour un campus durable.

 

Renforcer les synergies entre l’entreprise, les campus et leurs étudiants

 

Cette nouvelle approche de l’enseignement transforme aussi radicalement l’environnement physique des campus et l’aménagement des espaces : moins de grands amphithéâtres ou de salles de conférences, et plus d’espaces variés, plus petits, permettant le travail individuel et en groupe, qui peuvent se trouver sur le campus universitaire, mais aussi être disséminés dans la ville voisine.  Un des enjeux pour les campus sera de se transformer en de véritables incubateurs en renforçant les synergies entre le monde de l’entreprise, les campus et leurs étudiants – et en revalorisant l’apprentissage professionnel afin de favoriser la créativité et l’innovation. À Lyon notamment, l’EM Lyon Business School et Centrale Lyon, deux établissements membres du réseau Campus Responsables, ont créé conjointement une plateforme, l’I.D.E.A. ayant pour but de favoriser un écosystème d’innovations entrepreneuriales au sein de leurs établissements.

 

Vers une généralisation de l’e-learning (MOOC)

Les campus  universitaires deviennent donc des écosystèmes ouverts sur leur environnement local… et international grâce à la généralisation des MOOC (Massive Open Online Course). Elle pourra aussi être la source d’une refonte générale des contenus d’enseignement dispensés au sein des établissements. En effet, les contenus traditionnels, reposant sur une relation très distante et hiérarchisée entre le professeur et ses étudiants pourront être reconsidérés. Ce sont de nouveaux types de contenus, un mélange de cours à distance, d’e-learning et de Travaux Dirigés, que ces établissements devront accueillir redessinant, ainsi, les campus de demain. Le rôle de l’enseignant et l’aménagement des lieux d’apprentissage sont au cœur de cette transition. 

 

Le campus de demain sera résilient d’un point de vue énergétique

 

De tels modules d’enseignement nécessitent des infrastructures adaptées. Repenser les lieux physiques des campus universitaires pourra être l’occasion de faire de ces bâtiments des constructions écologiquement responsables mais aussi de les adapter aux nouvelles méthodes d’apprentissage. On peut alors imaginer que le campus de demain sera un campus résilient d’un point de vue énergétique, fait d’espaces polyvalents, apportant aux étudiants la possibilité de travailler en groupe dans des lieux conviviaux et connectés. Dans cette optique, Paris School of Business, établissement membre du réseau Campus Responsables, bénéficie des espaces de travail modulables du Campus Cluster Paris Innovation.

 

Vers de nouvelles évolutions pour les campus ?

Autant dire que les campus, lieux à la fois de formation, de recherche et d’expérimentation, peuvent (et doivent) devenir demain de véritables démonstrateurs de la révolution qu’amènent dans l’entreprise, dans les façons de travailler et dans la cité les tendances-phares que sont le développement durable, l’économie de la connaissance, les technologies du digital et les approches collaboratives. Le savoir étant désormais disponible à tous et en tout lieu, le contenu des cours ne sera plus, demain, le principal facteur déterminant et différenciant pour un campus. De manière croissante, l’accent sera mis sur ce que le campus construit et propose autour du contenu, qui redonne du sens à son existence physique et représente de gros gisements d'innovation pour les établissements :  la qualité des enseignants, la qualité des approches pédagogiques et du coaching, la « flexibilité » des contenus et des infrastructures d’accueil, la facilitation du dialogue et la collaboration entre les disciplines, entre les étudiants (y compris au niveau international) et entre étudiants et professeurs, les ponts construits avec le monde du travail, l’ouverture sur les attentes de la société (pédagogie par projets, expériences hors-cursus…), la qualité de vie sur le campus et sa connexion avec la ville, et évidemment les équipements de travail mis à disposition (numérique, laboratoires, espaces de travail…). Autant de dimensions indispensables pour acculturer dès la formation initiale, et ensuite lors de leurs phases d’apprentissage tout au long de la vie, des élèves qui sont aussi les futurs dirigeants de nos entreprises et auront, demain plus que jamais, à entreprendre autrement.

 

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