Leur point de vue nous inspire

Bio

Fermer l'encart de biographie

Stéphanie Schmidt

Stéphanie Schmidt est Directrice du Pôle Changemaker Alliances pour Ashoka Europe qui a pour but d’accélérer le développement d’innovations sociales, de l’entrepreneuriat social et de maximiser le potentiel d’acteur de changement des entreprises par le biais de la co-création. Stéphanie s’est spécialisée dans les nouveaux modèles à la croisée du social et du business depuis son entrée au siège international d’Ashoka à Washington en 2004. Diplômée de l’ESSEC, Stéphanie a travaillé en conseil en entreprises en France et aux Etats-Unis, pour l’ONG américaine World Relief au Rwanda où elle a contribué au lancement d’Ikirezi, une entreprise sociale de production d’huiles essentielles au service des communautés rurales, ainsi qu’au Mexique avec Ashoka. Elle est également administratrice de Convergences. Plus d’infos : http://france.ashoka.org

Stéphanie Schmidt

Directrice du Pôle Changemaker Alliances pour Ashoka Europe

La co-création : à la croisée de l’entreprise et du social

Insertion sociale – Entrepreneuriat social

A l’heure où plus de 14% de la population française vit en situation de pauvreté, il est urgent de repenser les modèles traditionnels pour qu’ensemble, entreprises et organisations à but non lucratif puissent aller plus loin et plus vite dans la résolution des grands défis sociétaux, dans une logique « gagnant-gagnant ». Malgré leurs faibles revenus, les plus précaires dépensent collectivement des sommes importantes : un total de 220 milliards d’euros sur 7 pays européens[1]. La recherche de nouveaux relais de croissance peut donc également pousser les entreprises à s’intéresser de plus près aux modèles de l'entrepreneuriat social.

 

Créer des modèles « gagnant-gagnant » qui répondent aux grands défis sociétaux

 

Une nouvelle révolution silencieuse, qui a le potentiel de transformer l’économie et la société est en route. Malgré les différences claires entre les missions, cultures et modes opératoires du secteur privé et social, on observe  un nombre croissant de modèles « hybrides » co-créés par des entreprises traditionnelles et organisations à but non lucratif. Ces modèles ont pour caractéristique principale de s’appuyer sur les complémentarités de ces différentes organisations et de rechercher la création de valeur sociétale, mais aussi économique, afin de pérenniser l’engagement des partenaires et la croissance de ces nouvelles solutions.

 

Le parcours de Jean-Louis Kiehl, Président de CRESUS, une association qui lutte contre le surendettement ainsi que les conséquences sociales souvent dramatiques qui en découlent, illustre bien cette tendance. Plutôt que de voir les banques comme la source du problème, CRESUS a mis en place un modèle de prévention en collaboration étroite avec celles-ci. Il s’agit d’une plateforme de détection et d’accompagnement des clients à risque de surendettement, établie avec la Banque Postale et maintenant une trentaine de partenaires du secteur financier. Seul, CRESUS n’aurait pas pu mettre en place cette solution qui nécessite l’accès aux systèmes bancaires. Par ce biais, 48 000 nouveaux foyers ont pu être accompagnés en 2014. CRESUS est en mesure de financer son accompagnement aux familles et les banques y trouvent leur compte en évitant des coûts de dossiers présentés en commission de surendettement.

 

Dans le secteur des TIC, Specialisterne, une entreprise sociale fondée au Danemark par Thorkil Sonne pour l’insertion professionnelle des personnes autistes travaille actuellement au déploiement d’une initiative internationale avec SAP. L’entreprise sociale met à profit son savoir-faire unique de détection des talents, de formation adaptée et d’accompagnement d’autistes pour occuper des postes de programmation informatique. SAP s’est engagé à embaucher 1% d’autistes dans l’entreprise et à créer un cadre favorable à leur intégration. C’est pour l’entreprise un nouveau levier pour la « guerre pour les talents » et pour augmenter la satisfaction et la productivité des collaborateurs induite par une plus grande diversité. Ce partenariat permet à Specialisterne de réintégrer un grand nombre de personnes autistes ayant le potentiel de s’intégrer au monde du travail, de financer sa fondation qui soutient plus largement les personnes autistes et de changer le regard des entreprises pour que l’autisme soit perçu, comme le dit Thorkil, comme un « avantage concurrentiel » plutôt qu’un problème, par les entreprises.

 

La création de valeur économique n’est plus antinomique avec l’engagement social

 

Depuis plus de dix ans, Ashoka accompagne les démarches de co-création d’entrepreneurs sociaux et d’entreprises pour plus d’impact. D’un signal faible aujourd’hui, il nous parait important que la co-création puisse à terme devenir pratique courante. Comme l’illustre le Baromètre de l’Entreprenariat Social 2015, de plus en plus d’entrepreneurs sociaux ont conscience de cette opportunité. Le manque de partenariats avec des entreprises est identifié comme le deuxième frein le plus important à leur développement et ils attendent de ces partenariats la conception commune de produits et services et des débouchés accrus, avant le soutien financier.

 

Ce changement profond de nos modèles et de nos façons de penser offre de belles perspectives à plusieurs niveaux : la force de frappe des entreprises devient un véritable accélérateur du changement sociétal, la création de valeur économique n’est plus antinomique avec engagement social, et chacun peut se découvrir un potentiel d’acteur de changement pour développer et mettre en œuvre de nouvelles solutions qui seront source d’impact, d’innovation et de productivité.

 

Pour plus d’information  consulter les ressources disponibles sur www.ashokacocreation.org ainsi que la boîte à outils de la co-création

 

 

[1] Source : étude européenne Ashoka Accenture Business & Impact

Tous les points de vue

Commentaires