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Nicolas Hulot

Né le 30 avril 1955, breton de cœur et d'origine, nomade de fait, tenté par la médecine, journaliste par passion, voyageur et observateur par curiosité, Nicolas Hulot aime rappeler qu'il « n'est pas né écologiste, mais qu'il l'est devenu ». Désireux de mettre sa notoriété au service d'une cause qui devient au fil des ans la pierre angulaire de sa vie, il crée la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme en 1990. Reconnue d'utilité publique en 1996, l'ONG se fixe alors un double objectif : informer le public de l'état écologique de la planète, et convaincre le plus grand nombre de la nécessité de changer ses comportements.

Nicolas Hulot

Président de la Fondation Nicolas Hulot

Les solutions pour le climat existent : soutenons les !

économie verte

La conférence climatique 2015 et objectifs

À partir du 30 novembre, Paris recevra 195 pays pour s’entendre sur un accord climat. La situation exige une réussite manifeste pour une bonne raison : chacun a compris que se joue l’avenir de nos enfants, ceux qui sont déjà dans les cours d’école. Un compromis au rabais est donc impossible. L’objectif fixé est d’aboutir à un accord global et juridiquement contraignant, qui soit une somme d’engagements de 195 États et qui nous place sur une trajectoire permettant de limiter les changements climatiques dans le siècle à 2 °C. Il est nécessaire également d’adosser à cet objectif des instruments institutionnels, juridiques, économiques et financiers, sans lesquels il serait difficile de rentrer vraiment dans une économie bas carbone.

 

La COP21 n’est pas une contrainte, mais une opportunité

C’est l’histoire et même la grande histoire qui va se déterminer à Paris car transformer des intentions en intelligences collectives, à 195 pays, c'est très dur ! Ceux qui ont déjà assisté à une réunion de copropriétaires ont une petite idée de ce à quoi peut ressembler une réunion à 195 Etats où il ne s’agit rien de moins que de remettre en cause le modèle économique et de se répartir équitablement l’effort. Cela peut apparaître comme une équation impossible sauf à partager une vision et un état d’esprit universel pour permettre à l’humanité de basculer vers la nécessaire transition énergétique, économique et climatique.

 

La France mobilisée pour réussir la transition énergétique

Nous devons diviser par 4 nos émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050, repenser l’architecture de notre système énergétique dépendant d’importations de combustibles fossiles et uranium. Et si nous réduisons significativement ces importations, ce sont des milliards d’euros qui pourront être réinjectés dans l’économie européenne.  Cela nécessite d’engager des programmes ambitieux pour développer les énergies renouvelables, lutter contre les gaspillages de ressources naturelles et les pollutions.

La transition n’est pas facile. Elle nécessite une vision à long terme, un effort important d’innovation, et du courage politique comme dans les entreprises ou chez les citoyens.

Cela exigera des changements profonds, de notre modèle de consommation, production, transport, financier et politique. Mais en l’état actuel de nos technologies, de nos économies et de nos connaissances, il semble que cela soit une cible encore à notre portée.

Comme le montre de récentes enquêtes, l’opinion française a changé. Le constat est désormais partagé par le plus grand nombre. Au lieu de tétaniser, il conditionne la mobilisation. Entre les lignes, les Français demandent aux acteurs politiques et aux entreprises d’être inspirés, d’arrêter de parler, et d’agir. Car maintenant, on le sait, les solutions existent.

 

Les entreprises, actrices des solutions pour le climat                                 

Le développement durable a permis au plus grand nombre de prendre conscience de l’impact des activités humaines et de la nécessité de réduire cet impact – c’est à dire d’être moins polluant, moins consommateur d’énergie et de ressources naturelles, de mieux recycler... L’étape suivante c’est de mettre notre intelligence, notre créativité, notre capacité d’innovation au service d’un impact positif pour la prospérité de l’économie et des territoires, la santé, l’environnement, l’emploi.

Imaginez des bâtiments conçus comme une banque de matériau, pouvant être désassemblés, démontés et non pas démolis. Imaginons des voitures non pas moins polluantes, mais qui purifient l’air… Imaginons une agriculture de proximité, sans pesticides au service de la santé des hommes et des sols. Imaginons des territoires autonomes en énergies renouvelables. Dans ce nouveau paradigme, l’objectif est de préserver la santé et la valeur des matières dans le temps.

Non seulement c’est souhaitable, mais c’est possible.  Je rencontre tous les jours sur le terrain des collectivités et entreprises eco-innovantes qui adoptent ce type de démarche avec succès. Le chemin est parfois long, et cela nécessite d’y croire et de garder le cap. Car ce ne sont ni la créativité, ni l’innovation qui font défaut, mais un changement de posture, de vision, de stratégie.

 

La transition énergétique est rentable

En matière de financements, une boîte à outils serait souhaitable pour permettre une réponse adaptée à chaque cas. Chaque année, 650 milliards de dollars sont accordés sous formes de subventions ou d’exonération de charges aux énergies fossiles. A ceci s’ajoute le coût des catastrophes climatiques évalué par les Nations Unies à 450 milliards de dollars. Cela veut dire que nous dépensons 650 milliards de dollars pour créer un problème qui nous coûtera 450 milliards de dollars. La principale piste se situe là. Basculons progressivement les sommes que nous accordons aux énergies fossiles vers le financement de la transition énergétique (sobriété, rénovation thermique des bâtiments, transports doux, lutte contre les gaspillages et bien sûr les énergies renouvelables). La transition écologique et énergétique n’est pas le problème mais la solution. Deuxièmement, la taxe sur les transactions financières doit devenir maintenant une réalité. Troisièmement, la taxe carbone doit être mise en œuvre dès lors que son produit va bien au financement de la transition énergétique ou à l’adaptation des pays du Sud.

 

Nous serons tous gagnants ou tous perdants

Rompre avec les schémas mentaux existants, redonner du sens au progrès,  nous rassembler sur l’essentiel car nous sommes dans une situation inédite, c’est le défi que nous devons relever. Personne n’est immunisé par un statut économique, politique ou juridique. Il n’y aura que des perdants ou que des gagnants. C'est la famille humaine qui est confrontée à son avenir, et souvent c’est face au danger que l'on se rend compte que ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise. Chacun d’entre nous peut – doit - jouer sa partition en combinant enthousiasme, innovation et mobilisation sans céder au fatalisme.

A travers sa campagne My Positive Impact, la Fondation Nicolas Hulot souhaite valoriser les acteurs (associations, entreprises, collectivités) qui agissent déjà… en leur donnant le pouvoir qui leur manque : la visibilité. Car sans elle, difficile de se forger une légitimité, de rencontrer son public, de trouver des financements, des débouchés, des partenaires… Sans visibilité, toutes ces forces créatives, modernes et enthousiasmantes ne deviendront jamais la norme… ou pas assez vite.

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