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Jean-Marc Borello

Jean-Marc Borello a fondé le GROUPE SOS en 1984. Avec ses 12 000 salariés et ses 350 établissements, le <b>GROUPE SOS</b> est une des premières <b>entreprises sociales</b> européennes. Depuis plus de 30 ans, il répond aux enjeux majeurs de la société : la jeunesse, l’emploi, les solidarités, la santé, les seniors. Président du Mouvement des entrepreneurs sociaux

Jean-Marc Borello

Fondateur du Groupe SOS

La spontanéité, mère de toutes les idées nouvelles !

Entrepreneuriat social

Au GROUPE SOS, la grande majorité de nos activités est orientée vers l'humain et le social. Depuis 30 ans, nos pratiques sont guidées par une approche dont le point de départ est l’empathie. D’une part, chacun peut connaître au cours de sa vie des difficultés, et d’autre part, les situations d’exclusion ne sont pas définitives. En résumé : personne n’est au bout de son histoire. Ainsi, nous promouvons le concept de fécondité sociale : toute personne, quelle que soit sa situation, son handicap, ses difficultés, est capable d'apporter une contribution spécifique à la collectivité. Cela revient à dire que nous devons impérativement sauvegarder la diversité de la société, condition même de la production de richesse sociale, culturelle et humaine.

 

Epanouissement constructif, clef du travailler-ensemble

 

Nous cherchons tous à trouver du sens aux actions que nous entreprenons. Cette quête de sens est naturelle, profondément humaine, assumons-la ! Chaque année, de nombreux jeunes diplômés rejoignent le GROUPE SOS alors qu'ils pourraient être mieux rémunérés dans des entreprises privées lucratives. Au quotidien, ils déploient de nouvelles solutions pour loger des personnes sans domicile, imaginent des réponses concrètes aux problématiques liées au handicap, des dispositifs qui facilitent l’insertion professionnelle de personnes éloignées de l’emploi… L'instinct grégaire est au cœur de la condition humaine. Ce que l'on apporte à la communauté est plus important que ce qu'on peut lui prendre.

 

Par ailleurs, au sein de l’entreprise, il faut en finir avec l’idée qui consiste à penser qu’il faudrait mettre sous pression ses équipes pour les rendre plus performantes. C'est une absurdité. Si les salariés sont stressés du matin au soir, comment peuvent-ils s'épanouir ? Comment peuvent-ils innover ? J’ai toujours privilégié la bienveillance, qui permet d’instaurer un climat propice à la création, l’amélioration, et l’exigence vis-à-vis de soi-même. Il faut également savoir prendre ses distances vis-à-vis des structurations pyramidales. Envisager un plan de carrière basé uniquement sur une escalade des échelons hiérarchiques est, à mon sens, trop réducteur. Au sein du GROUPE SOS, certaines personnes qui occupent des postes à responsabilité au siège demandent parfois à travailler sur le terrain, et inversement. Personnellement, il est tout à fait possible que, dans quelques années, j’aspire à diriger une petite entreprise associative dans un pays en voie de développement.

 

Spontanéité créatrice, source d’idées nouvelles

 

Trop souvent, nous avons tendance à réprimer tout ce qui est profondément humain dans nos actions. On considère par exemple la fragilité comme une faiblesse, alors que celle-ci nous rend perméable au monde qui nous entoure et permet de mieux percevoir ce que les chercheurs en sciences sociales appellent les "signaux faibles". Si cette fragilité enrichit nos rapports humains, elle donne également la possibilité de comprendre un certain nombre de situations que d'autres ne voient pas venir. C'est important dans le métier d’entrepreneur qui est le mien, car lorsque l'on pressent des choses, il est possible d'en anticiper les conséquences, et donc les réponses à apporter. Nous devrions accepter notre fragilité au même titre que nous devrions accepter de nous tromper. Aujourd’hui, qu'enseigne-t-on ? A tourner sa langue sept  fois dans sa bouche avant de s'exprimer ! Cela s'apparente à une forme d'autocensure permanente. C'est ce que les adolescents apprennent à l'école, ainsi que les étudiants qui suivent des études supérieures. La conséquence est que l'on tend à éliminer toutes les propositions qui pourraient paraître saugrenues, hors contexte, en décalage par rapport à l'ambiance du moment. Laissons-nous aller à plus de spontanéité, formidable qualité humaine, et mère de toutes les idées nouvelles.

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